Là où j'habitais, chez mon oncle D., enfant, j' avais de multiples Hétérotopies, dont l'une avait particulièrement marquée ma vie. Je cherche toujours à la retrouver, à travers mes peintures, même si c'est impossible. Car on ne vit qu'une fois dans son existence une telle Rencontre du Sublime.
Ce lieu particulier se trouvait juste à l'entrée de la maison ( du Haouch) en montant l'escalier d'entrée on tombe sur un petit jardin, à gauche. A droite c'était la première cour avant d'y pénétrer dans le Haouch appropreement parler, avec son patio distribuant les cinq chambres, cuisine et dépendances.
C'est au coin de l'entrée principale, dans ce petit jardin que se passe notre affaire. Je disais qu'à l'entrée, juste après les escaliers donnant sur cette moitié cour moitié jardin que se trouvait mon paradis ; mon Hétérotopie !
Le triangle que formait le petit jardin et les escaliers flanqués d'une surélévation pour supporter le mur d'enceinte extérieur, se terminant en un coin blotti entre la haie des roses trémières et la vigne vierge agrippée au mur de parpaing, un je ne sais quoi d'arbustes et de plantes fleuries qui donnaient à ce triangle-coin, en cette fin de journée des premiers jours de juin une lumière, une chaleur, une atmosphère Hétérotopoplastique que je respirais avec délectation. Tout mon âme sortait de son corps-carcasse pour aller dans un Dehors plus extérieur que tout extériorité, faire monde. Je vivais à ce moment -à, un sublime moment Hétérotopoplastique !

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