Qu'est-ce qu'un tableau ? Un tableau a un rapport avec L ' Espace, avec L'Ouvert. Vous entrez dans une librairie et vous êtes attiré par un livre, soit par sa couverture, soit par son titre où les deux, Il faut du temps pour le découvrir, par contre, dès que vous entrez dans une galerie d'art, par exemple, où même chez quelqu'un qui a un tableau accroché sur son mur, vous êtes tout de suite saisit par quelques chose. C'est momentanée ! Vous êtes comme happé. C'est quoi ce quelques chose qui vous happe, qui vous saisisse ? ... Et bien c'est Une Présence.
Revenant, maintenant, un peu plus en arrière. Un tableau c'est avant tout un objet, Un objet étrange.
Un tableau a une étrangeté ; l'étrangeté du réel.
Il est dans l'apparition/disparition, comme une idée. Saisir une idée, saisir l'abstraction d'une idée, saisir de l'abstrait, voilà ce que la peinture moderne de notre temps, cherche à réaliser. Si la peinture est allée vers l'abstraction de nos jours, c'est pour saisir les idées abstraites.
La peinture classique tentait plutôt de saisir le présent, le réel de la chose, de la personne, du paysage, d'où la reproduction fidèle, et sa tentative à reproduire le réel.
Mais aujourd'hui on tente de saisir L Idée d'une couleur, d'une forme, à savoir d'une Présence.
Pourquoi les hommes préhistoriques, par exemple, n'ont pas peint autres choses que des animaux et des mains ? Pourquoi ils n'ont pas peint des plantes, des végétaux par exemple,? Pourquoi ils n'ont pas représentés des humains ? Parceque ils pouvaient facilement les saisirent. Une plante est fixe, une personne est saisissable ; elle est là devant eux, ils pouvaient les saisir facilement. Par contre, ils ne pouvaient pas saisir les innombrables animaux qui peuplaient le monde en ce moment là.
Saisir le monde, le mettre à sa portée, le rendre accessible, le rendre proche, le plus proche, car le réel est insaisissable, étrange, montreux et impensable. Saisir le monde, sur une toile dans le tableau, pour le peintre, on ne peut le faire que par la touche, le touché, le tract dirait Deleuze, du pinceau, c'est-à-dire par le jeu de la main et de l'oeil...
Un tableau est donc un objet ; un objet de saisissement de cette étrangeté, de cette monstruosité, impensablilité.
Un tableau est lui-même un objet étrange.
Un objet étrange d'étrangeté. Le tableau porte également une image, une image muette, comme présence. " Un tableau se donne à voir " dit le philosophe Paul Audi. Il se donne comme image qui se dresse devant nous comme présence. Une image comme insistance, dirait quant à lui, Jean Christophe Bailly, une insistance qui se tait. Cette présence est La Présence.
C'est pour celà que le tableau ne raconte rien et ne figure rien, selon le philosophe Gilles Deleuze.
Le tableau se donne à voir pour que La Présence qui se dresse devant nous, nous invite à franchir le seuil qui fait de notre vision brouillée, sans imagination, sans pensée, ... presque animal même, une vision intelligente ; Un Regard ! C'est-à-dire que lorsque nous nous tenions devant ce cadre de simple toile en lin, en bois où en coton, cet espace-signal comme dirait Gilles Deleuze, comme seuil, qui s'ouvrant devant nous nous invite à le franchir son espace vers l'altérité. "Le seuil est un temps laissé à l'espace de l' apparaitre" ( Apparition/Disparition) disait Jean Christophe Bailly.
Ce silence de La Présence qui ne parle pas, parle, où va parler, par notre Regard. C'est là où le regardant devient le regardeur interrogateur. La Rencontre entre le spectateur voyant et La Présence, cette Rencontre l'affecte et lui donne à penser. Il devint, de simple spectateur voyant qu'il était juste à l'instant, un Régardeur regardant avec Un Regard interrogateur. Un Regard-Pensée. Le tableau fait ainsi de L'Œil un œil non plus simplement voyant, mais l'oeil interrogeant. Il fait de lui un Œil-Pensant qui s'interroge sur le monde, qui pense par lui-même. L'Œil se libère ainsi en accédant à la pensée, à l'imagination, à la contemplation.
Le tableau librere le regard;
"Ce qui se libère en nous c'est précisément le regard" (Paul Audi). Le regardant regarde le tableau, qui à son tour le regarde regarder l'eveille en l'invitant à devenir regardeur interrogateur et franchir le seuil de cet espace pictural, à travers cette Présence, cette étrangeté étrange qui libère son imagination, sa pensée et sa contemplation.
Toute la difficulté de la peinture c'est de faire tenir la structure de ce que j'appelle le Visible Figural, car ce n'est pas une figure,( un tableau n'a rien a figuer),
dans le toile pour en faire un tableau. Un tableau où plutôt L'Être Tableau, en tant que tel, selon les conditions, les statuts telles que le peintre Velasquez, nous les avaient énoncés à travers son fameux tableau Les Ménines . Selon le philosophe Paul Audi Velasquez avait posé cette question : " Peindre oui, mais peindre comment si l'on veut faire un tableau ? " C'est la question moderne du statut du tableau en tant que Topos (lieu) de crise de la peinture.
Le tableau est Une Rencontre. Une Rencontre d'abord entre l'artiste et sa toile vierge.
L' artiste peint sa toile. Dans une première étape, il s'exprime a travers cette peinture. C'est L' Expression. Puis dans une seconde étape, il la produit comme tableau à voir. C'est La Production. Ensuite et c'est pas toujours le cas, s'il est à la hauteur, dans une troisième et dernière étape, il propose ce tableau, comme Rencontre. Comment? En créant une œuvre de Présence dans ce tableau. En créant La Présence du Percept. A ce moment là on peut parler de Création.
Une fois le tableau achevé, il est proposé par l'artiste, à travers des galeristes, curateurs, etc,etc,...à être exposé au public. C'est la Rencontre entre l'artiste et son public à travers son tableau.
Le public composé de personnes qui ne sont pas à ce moment là encore des Regardeurs, mais de simples spectateurs, voyants les choses avec une vision simple, vont alors, à La Rencontre du tableau. C'est la seconde Rencontre.
Attention ! Si je parle ici, de vision simple, où simpliste du spectateur c'est pas pour le prendre pour un niais, non, mais juste pour mieux souligner le passage du voir au regarder.
Cette Rencontre se fait entre le public des voyants, qui sont de simples spectateurs et la toile peinte, de la main même de l'artiste. Au fur et à mesure que le public, voit le tableau et s'en imprégne dans cette Rencontre; cette Rencontre qui l'affecte, et lui donne à penser, le changement s'opère. Comment ?
La Rencontre du public spectateur, cette fois-ci, se fait, non pas avec le tableau comme objet, mais avec le tableau comme Espace-Signal, proposé par l'artiste. Le tableau comme sujet portant une Présence. La Présence des Forces du Percept.
Cette Rencontre affecte alors la simple Vision du spectateur, elle l'eveille au Regard. Comment ?
L' Artiste à travers sa peinture, proposée dans cet Espace-Signal, le conduit a changer son point de vue, sa vue, sa vision simpliste, en Un Regard ; c'est-à-dire à prendre garde, à garder, a avoir plus d'égards au Faite de cette Présence proposée. Il l'invite À regarder non pas le visible du sujet peint mais l'invisible de sa Présence. La Présence des forces du Percept, qui montrent la chose non pas présente mais la présence de la chose même. C'est ça Le Percept.
C'est là que La Rencontre se fait entre L 'Artiste comme Créateur cette fois-ci, et celui qui voit ce tableau comme Regardeur, et non pas comme simple voyant. Ce spectateur voyant devenu Regardeur, par la même, se libère, à travers cette Rencontre, en échappant aux conditions de la simple perception pour acquérir plus de "voir", plus "d'imaginer", plus de "penser", et plus de "contempler". Le Regardeur acquire une Liberté esthétique et éthique donnée en échange par L' Artiste. C'est alors qu'il y a une émotion du Percept, comme pure commencement chez le Regardeur ; "C'est l'émotion qu'il y a un Monde, ... un Monde qui se donne en partage ..." Comme le dit si bien le Philosophe Paul Audi. Partage du Percept, Affect, Concept selon Gilles Deleuze, que propose L'Artiste à travers cette Rencontre.
Suzanne Varet, modérateur où mederatrice du Groupe " Palette" vient d'ajouter ce commentaire au sujet de ma peinture. Je la remercie infiniment.
" L'œuvre de Hab le Hibou, hors du commun, ne peut se concevoir selon des schémas de compréhension classique.
Hab le Hibou, ne conçoit il pas la forme ectoplasmique qui sert sur un support comme une "rencontre"!
L'expression des aplats de couleurs d'un choix très restreint, sa préférence allant au noir symbole de l'espace) qu'il lance en croisée de verticalité et l'horizontalité en flottaison sur la toile, marque l'empreinte et la mémoire d'un espace invisible qu'il est allé chercher par delà l'espace terrestre dans les confins des univers. C'est ainsi que sur ses tableaux la forme se disloque et se fragmente au contact de cette réalité cachée qui advient, soudainement, dans la forme visible.
L'originalité de l'œuvre de Hab le Hibou est faite de la rencontre avec Gilles Deleuze, ce qu'il explique très bien dans son blog.
Son œuvre singulière tient à l'influence des concepts Deleuziens et de sa vision d'une conscience cosmique qui balaie le prisme d'un conscience ordinaire et qui s'est ouverte aux champs spectraux et quantiques. "
Comme tout le monde, je pars d'une toile vierge, où ce qu'appelle le philosophe Gilles Deleuze ; Un Espace-Signal. Un Espace-Signal plein de clichés, je je dois brouiller, effacer, éliminer. Comment ? Et bien en créant à mon tour un espace. C'est ce que j'appelle le Topochrome. Cet espace, ce lieu "Topos" est un lieu de couleurs, de lumières, d'où le mot Topochrome ; à savoir Topos lieu et chrome, de gamme chromatique ( Lieu de couleurs) Lumières). Il se veut toujours sombre, noir pour moi, même si pour d'autres raisons je le peins d'une autre couleur.
Ce lieu, ce Topos est créé pour effacer, gommer les clichés, tout en donnant naissance à son tour à un espace topologique ; c'est-à-dire déconnecté, fragmenté. Cet espace de couleurs/Lumières laisse place à la figure. La Figure sans lignes, par ce que j'appelle le jeu des aplats-bandes je crée une forme temporelle cette fois-ci : La Forme Ectoplastique. Un ectoplasme, un fantôme, d'où ce nom d'Ectoplastique, à savoir ectoplasme plastique..., qui flotte littéralement dans cet espace Topologique. Une forme, où plutôt une Rencontre ( voir mon concept de Rencontre: https://rencontrehablehibou.blogspot.com/)
de points singuliers les aplats-bandes de couleurs.
C'est celà ce que Gilles Deleuze appelle le diagramme. C'est ça le mien ; un diagramme où se Rencontrent les forces horizontales de la projection, et les forces verticales de l'inertie. Les forces terrestres et les forces aériennes, qui déforment la forme visible de ectoplasme.
Aujourd'hui j'en suis à ma période dite Moana Moana Moko où Tatouage Océanique, à la recherche d'une image directe du Temps, dans le droit sillage de Paul Gauguin...
C'est un rêve qui s'était incrusté en mon esprit, allez savoir quand, où comment ; celà remonte à bien longtemps...
Il me poursuivait comme une bête sauvage, de loin en loin, sans oser m'approcher. Et voilà qu'aujourd'hui, alors que je m'apprête à me débarrasser de cette horrible année 2022, une année de cauchemars et de deuil pour moi,... Il est là!
Le rêve océanique des îles de La Société, de la Polynésie, de Tahiti,... Des Vahinés Noa Noa Gauguinnien,
Ce que j'appelle moi, Le Moana Moana Moko, à savoir Le Tatouage Océanique.
Je suis donc dans ma période Moana Moana Moko, et première production de tableau est celle-ci : So-hi-né-moana-moko-Uturoa, inspiré de cette Vahiné du nom de"S" d'où le s du début tu titre.